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Projet dons GR® : érosion sur le GR® 2 à la Roche-Guyon (95)

Dans le Val d'Oise, ravinement et passages fréquents ont rendu délicate une partie du GR® 2 qui chemine à flanc de coteau en surplomb de la Roche Guyon, lovée dans un méandre de la Seine. La pente est le nœud du problème.

Le GR® 2 dans le Val d'Oise

 Haute-Isle (Val d'Oise), la seule église d'Île-de-France à être entièrement creusée dans une falaise - Crédit : RIEGER Bertrand / hemis.fr

À l'extrême Ouest du Val d'Oise, là où le plateau du Vexin vient plonger dans la Seine, le GR® 2 offre sur 10 km une belle escapade... en Provence ! Relief, paysages, espèces : tout y fait référence. De Vétheuil à Gommecourt (78), on chemine en effet sur un coteau calcaire, exposé plein Sud et protégé par la réserve naturelle nationale des Coteaux de la Seine. Tantôt il revêt un épais manteau de sous-bois ou de fruticée – massif d'arbustes épineux moucheté chaque automne de baies colorées –, que seuls d'imposants pitons crayeux – des pinacles – parviennent à percer. Tantôt il se pare de pelouses sèches, que vient parfois pâturer un troupeau de moutons. Y poussent orchidées, thyms serpolets ou astragales de Montpellier. Y crapahutent mantes religieuses, lézards verts ou vipères péliades. Y virevoltent azurés, machaons ou faucons pèlerins. Même la petite cigale fredonnante y met du sien pour donner à ce bout de GR® un doux parfum méditerranéen.

 

 

Passage délicat

L'un des passages délicats et rogons de silex sur le GR2 / Crédit photo : Alain Carbillet

Cerise sur le gâteau, le sentier se permet de quitter un temps la crête pour gagner La Roche-Guyon en bord de Seine, classé parmi les plus beaux villages de France – le seul en Ile-de-France ! Ce léger crochet lui impose d'évoluer à flanc de coteau sur plus de 3 km, entre le célèbre village et son voisin Haute-Isle, tout aussi remarquable pour son église entièrement creusée dans la craie. C'est ce tronçon qui préoccupe la FFRandonnée Val d'Oise et le Parc naturel régional du Vexin français, gestionnaire de la réserve. Soumis à la pente, la sente s'érode sous le poids des années de ravinement – créé par l'écoulement des eaux de pluie – et des passages fréquents de randonneurs – ou simples promeneurs attirés par la beauté du site.

Conséquence : certaines portions sont particulièrement étroites et en fort dévers – le dahu y vagabonderait comme un coq en pâte ! – quand d'autres présentent des affleurements de calcaire glissant ou, à l'inverse, des rognons de silex fortement déchaussés qui ne demandent qu'à vous faire trébucher. Au point de constituer un réel danger ? « Non. Personne ne met sa santé ou sa vie en péril en prenant ce sentier, rassure Jacques Fourreau, responsable de la commission sentiers et itinéraires à la FFRandonnée Val d'Oise. Il nécessite cependant de bonnes chaussures, des chevilles solides et un minimum d'attention, surtout par temps de pluie. Le passage est donc plus délicat que dangereux. Mais beaucoup de marcheurs préfèrent encore l'éviter en empruntant la route D100 qui longe la crête en son sommet ».

 

Restaurer sans dénaturer

Pour que les randonneurs décollent les yeux du sol et profitent davantage des paysages, la FFRandonnée Val d'Oise et le Parc envisagent de sécuriser le sentier… tout en préservant la nature de cet espace sensible. Exit donc barrières, murs de soutènement ou toutes autres constructions humaines. Il s'agirait de quelques coups de pioche, pelle et masse. Soit pour « rogner » les silex, soit pour élargir le chemin en grignotant 10 à 20 cm sur le versant et en redressant son assiette, voire pour dévier localement le parcours de quelques mètres. Sept zones critiques ont été identifiées, chacune longue de 2 à 4 m.

Plutôt que de confier ces travaux à une entreprise spécialisée, au « coût démesuré en regard des attentes », les parties concertées souhaitent faire appel aux baliseurs du département pour minimiser les frais. «Je ne me fais pas de souci pour trouver la dizaine de volontaires bénévoles nécessaire au chantier, somme toute pas sorcier, commente Jacques Fourreau. Notre inquiétude porte en revanche sur ses conditions particulières liées à la pente. Toute la difficulté sera de ne pas retirer trop de végétation aux abords du chemin, celle-ci assurant la stabilité du sol en retenant les terres, et de faire attention à d'éventuelles chutes en contrebas, qu'il s'agisse de pierres, de branchages… ou de baliseurs ! ». L'idéal serait de bénéficier des conseils d'un professionnel en matière de sécurité.

Tout dépend maintenant de votre générosité pour mener à bien ce projet. Soutenez le en faisant un don.

 

Etienne Hurault / Rédaction MonGr.fr - octobre 2016

Publié le 19/10/2016