Les Journées européennes du Patrimoine 2026 sur les sentiers
C’est l’un des rendez-vous phares du mois de septembre : les Journées européennes du Patrimoine reviennent pour une 43ème édition. Et si vous vous demandez comment passer ces journées sur les sentiers, on a des idées ici qui devraient vous plaire !
Patrimoine de la photographie, Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer
Les Journées Européennes du patrimoine (JEP), lancées en 1984 pour sensibiliser le grand public à la richesse du patrimoine français à travers des visites insolites ou des rendez-vous inédits, invitent les participants à découvrir ou redécouvrir des lieux et des monuments qu’ils ont l’habitude de croiser, sous un angle différent.
L’année 2026 marquant le bicentenaire de la photographie, les JEP font la lumière sur la photographie. A l’échelle européenne, c’est le patrimoine menacé qui est mis en avant. Les changements climatiques, l’érosion des côtes littorales, la fonte des glaciers ou encore la surfréquentation de certains itinéraires font de certains GR® et GR® de Pays des éléments de notre patrimoine français dont il faut prendre soin pour les générations futures, c’est tout l’objectif du partenariat entre la FFRandonnée et le ministère de la Culture.
Randonnée et culture sur les sentiers
De nombreux GR® rendent hommage à des femmes et des hommes qui ont marqué l’Histoire : le sentier George Sand, le GR®34, aussi connu sous le nom de sentier des Douaniers, le GR®367 qui nous emmène sur les pas des Cathares, ou encore le GR®100 qui retrace la Guerre de Cent Ans. Il y a des dizaines et des dizaines d’itinéraires culturels que vous pouvez faire les 19 et 20 septembre, sans compter les GR® et GR® de Pays qui vous font passer à proximité de célèbres monuments. Mais si vous souhaitez vivre pleinement le thème 2026 des JEP autour de la photographie, vous pouvez partir pour une petite itinérance de quelques jours au départ d’Arles, capitale française de la photographie !
Arles, la photographie et la randonnée

Les rencontres de la photographie, lancées en 1970 par le photographe arlésien Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette, donnent à Arles sa réputation de ville française de la photographie. L’événement, local au départ, prend progressivement une ampleur telle, qu’il est aujourd’hui l’un des plus importants festivals internationaux consacrés à la photographie. Et l’édition 2026 a lieu jusqu’au 4 octobre ! Alors on vous propose ici deux idées d’itinérances au départ de la ville d’Arles que vous pouvez visiter avant de vous lancer sur le GR®653 vers Saint-Jacques-de-Compostelle ou le GR®69, le chemin de la Routo de la Provence aux Alpes.
Votre visite d’Arles peut commencer par son théâtre, construit à la fin du premier siècle avant J-C et qui pouvait contenir jusqu’à 10 000 spectateurs. Au Moyen-Age il sert de carrière avant d’être entièrement recouvert de maisons. Il faut attendre le XIXème siècle pour que les vestiges du théâtre soient déblayés.
Allez ensuite faire un tour vers l’amphithéâtre romain, construit un siècle après le théâtre. Son enceinte extérieure est composée de deux étages comportant chacun 60 arcades et enserrant 33 gradins pouvant accueillir 20 000 spectateurs.
L’Eglise Saint-Trophisme, élevée en plusieurs phases est également un incontournable de la ville. Le portail du XIIème siècle est un chef-d’œuvre de l’art roman et surtout d’une grande qualité architecturale. Inspiré des modèles antiques, il a pour décors le Jugement dernier. Le cloître Saint-Trophisme, construit à l’angle sud-est de la cathédrale, conserve des chapiteaux sculptés autour du thème de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le cloitre fut terminé à la fin du XIVème siècle.
Vous avez ensuite le choix : le GR®653 ou le GR®69. Suivez le guide !
Le GR®653 vers Saint-Jacques-de-Compostelle – Arles > Vauvert
JOUR 1 : Arles > Camping de Saliers - 17km

Après une petite visite d’Arles, et après avoir profité (ou non) du festival des rencontres de la photographie, rejoignez le pont de Gimeaux. Vous arriverez aux portes du parc naturel régional de Camargue, une zone humide d’importance exceptionnelle, située au bord de la Méditerranée à l’intérieur du delta du Rhône entre les deux bras du fleuve. Vous suivez une petite route circulant à travers les marais qui vous permettra d’observer les nombreux oiseaux présents. Vous arriverez ensuite à l’entrée des Saliers et en continuant sur 400m hors GR®, vous atteindrez un camping où vous pourrez passer la nuit.
JOUR 2 : Camping de Saliers > Saint-Gilles - 8km

En reprenant votre route pour cette deuxième petite journée d’itinérance, vous croiserez le GR®42 qui longe le Petit Rhône depuis Arles. Vous passerez ensuite devant le mas des Salimandres, avant d’emprunter une passerelle amenant à un pré. Quelques mètres plus loin, vous franchirez le pont Aubanel qui vous permettra de rejoindre Saint-Gilles. Le chemin monte dans le centre historique jusqu’à l’abbatiale et la rue de la Maison Romane. Prenez le temps de visiter cette citée médiévale qui s’est développée autour de son abbaye fondée par l’ermite Gilles vers le VIIIème siècle. Grâce aux pèlerinages et à ses activités portuaires sur le Rhône, elle est devenue, au Moyen Age, une ville marchande florissante, comme en témoignent encore les maisons romanes et les vestiges des remparts.
JOUR 3 : Saint-Gilles > Vauvert – 18km

En reprenant votre route pour cette dernière journée d’itinérance, vous passerez à proximité du château d’Espeyran et du marais du Cougourlier. Vous longerez un chemin bordé de rangées de cyprès, et vous passerez par une pinède avant d’arriver à Vauvert, le point final de cette petite itinérance.
Capitale de la Camargue gardoise, le nom de cette ville est la contraction de « vallée verte ». Située en limite du vignoble des Costières de Nîmes, Vauvert possède, sur son territoire, une immense nature sauvage.
Baptisée Posquières au Moyen Age, elle était à cette époque, le siège de l’un des plus notables lieux de pèlerinage de France. L’église Notre-Dame était reconnue dans tout le royaume de France et les pèlerins de Saint-Jacques s’y arrêtaient. Pour divertir ces nombreux pèlerins, on donnait sur le parvis du sanctuaire dédié à Notre-Dame de la vallée verte des « diableries » : saynètes où apparaissaient des démons.
Ces représentations ont eu un retentissement tel qu’on parlait des « diables de Vauvert » jusque dans les Flandres. L’expression « Diable de Vauvert » est resté dans le langage courant pour désigner quelqu’un ou quelque chose qui arrive de loin.
La visite de la ville à pied vaut le coup, alors n’hésitez pas à terminer votre itinérance en beauté en déambulant dans les rues de Vauvert !
Toutes les informations pour cette itinérance sont à retrouver dans le topoguide « Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle, via Arles > Arles – Toulouse »
Le GR®69 – La Routo : Arles – Salon de Provence
C’est un autre type d’Histoire que l’on peut vivre sur ce GR®, toujours au départ d’Arles : celle de la transhumance. Ce GR® transfrontalier rend hommage aux savoir-faire, au patrimoine mobilier, immobilier et immatériel liés à l’élevage pastoral.
JOUR 1 : Arles > Fontvieille – 12km

Cette itinérance débute à Arles et vous mènera vers quelques monuments emblématiques de la ville de la photographie. Vous quitterez petit à petit le centre-ville, vous emprunterez une petite route qui serpente d’où vous pourrez voir un vestige d’aqueduc romain, et apercevoir au loin l’abbaye de Montmajour. Un peu plus loin se trouve l’ancien moulin de Sourdon, le doyen des quatre moulins de Fontvieille, d’où vous pourrez voir le moulin de Daudet.
Alphonse Daudet a rendu célèbre la ville de Fontvieille avec ses Lettre à mon Moulin dans lequel il a imaginé des personnages en écoutant les histoires des bergers et des habitants. S’il n’a jamais habité le moulin qu’on lui attribue, il a en revanche séjourné à plusieurs reprises au château de Montauban.
JOUR 2 : Fontvieille > Aureille – 22,4km

Si vous n’avez pas eu le temps de le faire la veille, vous pouvez faire un petit tour dans Fontvieille une pittoresque citée au pied des Alpilles dont la carrière de pierres a servi notamment à la construction des arènes d’Arles et de Nîmes. Poursuivez ensuite votre route à travers bois et clairière. Soyez attentifs au paysage qui vous entoure, vous pourrez notamment profiter d’une vue sur les Alpilles et apercevoir un bassin de convergence d’un aqueduc romain, borne de transhumance. Vous longerez également des oliveraies, traverserez des cours d’eau et profiterez de la fraicheur des bois et des forêts avant d’arriver à Aureille.
JOUR 3 : Aureille > Salon-de-Provence – 17km

Pour cette troisième et dernière journée d’itinérance, vous marcherez dans les pas des moutons de la région ! Vous passerez à proximité d’un abreuvoir à moutons, et vous pourrez voir les ruines qu’il reste de la bergerie de Romanière et son toit en carène de bateau renversé. En arrivant aux portes d’Eyguières vous pourrez également admirer les arches d’un ancien aqueduc.
A Eyguières, qui tire son nom du provençal aïgo (eau), vous pourrez profiter de nombreuses fontaines qui jalonnent les vieilles rues, les recoins et les places de la ville. Votre chemin vous fera ensuite franchir le canal de Craponne qui relie la Durance au Rhône. Il tire son nom d’Adam de Craponne, ingénieur du roi Henri II qui finance et dirige ce projet au milieu du XVIème siècle. L’eau du canal alimente les fontaines de Salon-de-Provence et irrigue les sols arides de la Crau.
Et votre itinérance se termine quelques kilomètres plus loin à Salon-de-Provence !
Toutes les informations pour cette itinérance sont à retrouver dans le topoguide « La Routo, de la Provence aux Alpes par les drailles ».
Retrouvez également ICI toutes les animations proposées lors des Journées européennes du Patrimoine.

